Autotélicité du numérique


Sous-titre : Le numérique, entre peurs et désirs d’ailleurs.

Billet bizarre mais nécessaire.

Titre pompeux mais titre quand même. Juste pour dire deux trois choses en vrac, en vrac car pas de temps, de talent, pour les construire, mais nécessité de les dire pour que les idées s’envolent un peu et me laissent en paix, respirer.

Capture d’écran illégale du site flavors.me

Image angoissante au possible. Existe-t-il un « vous » numérique ? ce « vous » est-il singulier ou pluriel ? remarquable ou haïssable ? Deux tensions contraires (et épuisantes trouve-je) : multiplication des supports, des formats, des moyens d’ex-pression qui mettent une pression certaine (devenir in(un ?)-fluential #pfff), et en reflux, forcément, outils de rassemblement. Se rassembler… Plusieurs casquettes, parfois j’hésite entre moi et moi.

Le numérique et le contemporain ont cela en commun de n’être ni projectifs (je reprends ce mot à D. Viard) ni finis. Sans fin le parchemin que tu déroules, déroules, déroules. Et mon angoisse grandit avec ce volumen qui tourneboule.

frontières

Ce que l’on aime, fondamentalement, dans le livre papier, c’est qu’il a une couverture, des pages non extensibles, un format qui s’usera mais ne variera pas. On peut s’entourer de livres, hisser des murs de livres entre soi et l’extérieur, dire que la réalité est à l’intérieur de ces papiers, et s’y réfugier, fermer les yeux. Faire l’Emma, et tout va.

Lire contemporain numérique, c’est faire deux expériences simultanées : sans fin et sans fin. Pas de terminus, pas de marge, pas de bord, répétition à l’identique et toujours différente, écriture sans cesse « mise à jour », mise au jour, tou-jours. Accepter que le flux ne s’interrompe pas, l’apprécier aussi, mais épuisement, aussi.

Bailly

Pas de totalité possible. Le macrocosme est sans fin, et avec lui le micro, et tout ce que nous saurons faire ne sera que cela, infini, infini.

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2 commentaires pour Autotélicité du numérique

  1. karleyn dit :

    Ton expérience est très intéressante pour moi…
    Car je ne connais pas cette angoisse de l’infini… Cet infini-là décuple mon appétit, de lire, découvrir, (res-)sentir, apprendre… Excitation, enthousiasme, curiosité, trépignement, impatience ! Un peu de déception par avance, parce que je sais que je ne pourrai jamais TOUT lire, TOUT apprendre, TOUT découvrir, TOUT savoir… Mais pas d’angoisse. (des angoisses, j’en ai cependant parfois, mais c’est une autre histoire !).

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