Partageons le numérique


A la fin tu es las de ce monde ancien

Cette semaine, j’ai eu l’occasion à deux reprises de partager cette joie qui m’anime de publier numérique. Voici un petit résumé de tout ce que j’ai pu dire et essayer de dire.

Pourquoi faire publier les élèves, les faire se publier ? D’abord parce que nous vivons une révolution passionnante de nos « pratiques lettrées » comme dit Milad Doueihi, une révolution due aux nouveautés techniques dans l’informatique qui transforment nos pratiques sociales d’accès et de production de la culture, dans tous les sens, et surtout de façon horizontale. Tous producteurs de contenus, nous voici donc au moment du Sacre de l’amateur (1). Ainsi, sur Wikipédia, on peut lire que les connaissances qui y sont exposées sont « vérifiables, pertinentes et neutres ». C’est à nous, adultes, professeurs,  parents,   d’accompagner nos élèves dans cette démarche de lecture(s) nouvelle(s).

C’est à l’occasion de la rencontre « Pour un humanisme numérique » organisée par le Labo BnF que j’ai eu l’occasion d’entendre en personne Milad Doueihi ce qu’il entendait par cette expression. Un très bon article de Pierre Mounier se trouve sur son blog Homo numericus à propos de cet essai et d’un précédent livre, La grande conversion numérique. C’est bien vers des thèmes de réflexion éminemment traditionnels et toujours renouvelés que la réflexion sur le numérique nous mène : mémoire et oubli (on se souvient de leur importance dès l’Odyssée, où l’on est mort dès lors que personne ne parle de nous, ne nous recouvre de mots), l’ubiquité, l’anéantissement du temps, ou pas, sa linéarité ou au contraire ses chaos…Tous ces mythes anciens sont à nouveau ré-interrogés dans notre monde moderne qui fait écho au siècle de l’imprimerie.

Cette hybridation due au « sacre de l’amateur » se voit par exemple dans les forums de jeux  et dans les jeux en ligne où ce qui est tout aussi intéressant, c’est d’échanger et de s’entraider ; il se voit aussi dans les logiciels open source, belle entreprise de don et de contre-don s’il en est.

Dès lors, comment ne pas cesser d’envisager le web comme une plate-forme du crime et du châtiment, pour y voir au contraire une aire propre à s’éduquer, une « abbaye de Thélème » ?

Si l’on regarde le site du Monde, on est frappé de voir quelque chose qui envoie un message bien différent de la version papier, si « sérieuse » : on est sollicité par les images, on est appelé à participer, acheter, communiquer, regarder, écouter… Or, le site n’est pas à destination des jeunes, c’est bien que cette » génération de l’image » ne concerne pas que  les jeunes, mais nous tous. Et les journalistes sont confrontés à des problématiques bien semblables à celles des professeurs de lettres. Nous renvoyons à l’excellent article d’Alice Antheaume sur W. I. P. : « Quelles tendances pour 2012 ? »

Un bon exemple aussi de réflexions à plusieurs, pour plusieurs et pour soi-même, un partage permis par les perles que des chercheurs laissent sur le web : le cas des carnets d’Hypothèses, et notamment la rencontre d’Infusoir et d’Enklask (deux doctorants) chez Marie-Anne Paveau, Professeure de Linguistique. Allez lire cet article ! Pouvoir fréquenter des personnes en train de penser, de se frotter à elles, à leurs écritures, c’est ce dont je ne me lasserai pas.

Et puis, ce qui passionne aussi, c’est de pouvoir suivre les écrivains au travail, écrivains qui accompagnent eux aussi les activités d’écriture numérique telle Cécile Portier à qui Sabine Blanc a consacré un très intéressant article sur OWNI. Les écritures de cette écrivaine sont passionnants à explorer (et m’ont fait créer une page Facebook « Autobiographie numérique » où je « traque les traces », pour reprendre le titre de Cécile Portier, que je peux laisser malgré moi ou à dessein sur le web).

Tout cela, il serait bien dommage de ne pas l’explorer avec les élèves, de ne pas nous en emparer pour montrer la beauté des créations numériques qui font découvrir le monde d’une approche neuve et sans cesse renouvelée. L’oeuvre est à venir, indéfiniment.

(1) P. Flichy, Le sacre de l’amateur.

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