#tais-toi quand tu parles#


De l’usage des smartphones par les élèves en cours, de l’usage du copier-coller dans leurs copies, de l’usage de photos privées sur le web, bref de tout ce qui nous fait peur 😉

En ce moment, je réfléchis beaucoup à la fameuse problématique : à qui la faute ? à l’outil ou à son pauvre et naïf utilisateur, pas geek, ou trop geek pour réfléchir, ou trop intello pour agir ? Bref, grâce à « Internet », je sais ce qu’est un catalyseur. D’angoisses, de mots inutiles et vains parfois, inadéquats aussi, imparfaits et imprécis souvent.

Alors j’ajoute ma couche de flou au reste, allez hop, le web me le permet et est fait pour ça !

Ce que m’apprend le Web 2.0 (puisqu’il paraît que je suis « très Web 2.0 » !), c’est l’humilité. Et c’est aussi ce que m’apprennent mes élèves. « Mes » c’est-à-dire les élèves qu’on inscrit sur le même papier que là où il y a mon nom et qui fait qu’ils deviennent « mes » élèves, mariage forcé. Alors, mes élèves, quand ils ne s’intéressent pas, ils restent polis et s’occupent gentiment : ils font leur courrier (sur smartphone), ils se divertissent d’un oeil, ils s’épargnent trop d’efforts, ils se ménagent, pour la suite de leurs études – les vraies.

Quand un élève envoie quelque chose sur son smartphone, ce n’est pas le smartphone que je dois interdire, c’est la façon dont à ce moment-là je mène mon cours ; l’objet est mon allié et sa présence inappropriée me signale de suite que je dois réfléchir d’urgence à modifier le déroulé du cours. Quand un élève fait un copier-coller, eh bien, ma question est mal posée : toujours problématiser la recherche (ne pas faire un exposé sur Modiano mais sur ce qui unit tel livre à l’expérience personnelle et intime de l’écrivain), ou bien ce qui est à faire est trop long, ou bien le copier-coller est bienvenu mais mal fait (copier-coller une définition en citant la source, je n’y vois aucun inconvenient, ni une liste de livres, etc ! Se libérer des contraintes par l’outil pour mieux laisser faire l’esprit, on en rêve !). Quant à l’usage des photos, c’est une béance pour moi. Vraiment, je suis curieuse de voir comment ces photos-là, celles postées à toute vitesse, ou pas, vont jaunir.

J’aime beaucoup interroger les élèves sur leurs pratiques de sites de vidéos, j’apprends à quoi ressemble le monde. Le prisme de leur expérience me ramène à la mienne, qu’espérer de plus ? Être professeur de français, pour moi, c’est essayer de partager quelque chose pour que la vie soit un peu plus belle et un peu plus intéressante.  J’aime faire tinter mes certitudes aux leurs, j’aime ce débat-là, tant qu’il est discussion et controverse.

Merci Internet.

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2 commentaires pour #tais-toi quand tu parles#

  1. karleyn dit :

    Aaaah ! Merci Drmlj pour ce billet tellement pertinent (et impertinent en même temps !). Oui oui oui, j’applaudis des 2 mains ! J’aime bien que tu ne diabolises personne : ni l’élève, ni l’objet smartphone (ce serait vraiment trop facile !) ni toi non plus et ta pratique professionnelle…

    C’est juste que toi, moi, nous, nous devons en permanence faire cet aller-retour entre nos objectifs (inspirés, en principe par les attentes de l’institution) et les objectifs/attentes de nos élèves… et essayer de les rapprocher au maximum, avec l’aide de notre réflexion pédagogique.

    C’est notre devoir de poser les yeux sur nos élèves, et de repérer ce qui ne marche pas. C’est notre devoir de remettre en question notre pratique, de faire appel à notre imagination, notre créativité, nos connaissances et nos savoir-faire (dans ce domaine qu’on appelle pédagogie). Parce que nos élèves sont des personnes, ils ne sont jamais les mêmes, ne forment pas une masse homogène. Parce qu’ils sont dans leur vie, eux aussi, ils ont des préoccupations qui nous échappent. A nous de capter leur attention malgré tout, en leur proposant des choses intéressantes.

    Et le petit plus de ton expérience : j’adore que tu puisses « te vanter » d’apprendre des choses de tes élèves ! Quelle richesse si chacun peut sortir d’un échange, plus fort, non seulement de ce qu’il a appris mais aussi de ce qu’il a enseigné (et vice-versa) !

  2. V dit :

    Bonjour, je découvre ton blog depuis quelques jours et j’aime beaucoup ce post. C’est comme monter sur une chaise pour regarder les choses autrement.

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